
Michelle Levesque accompagne les dirigeants dans leurs enjeux humains et organisationnels depuis plus de 35 ans, avec une expertise reconnue en leadership, gestion de conflits, développement des équipes, transformation organisationnelle et relations de travail, notamment dans des environnements de travail structurés et parfois complexes.
Le regard de Michelle
Quand une plainte est déposée contre un gestionnaire, la réaction la plus fréquente chez les dirigeants est la même :
Ne pas faire d’erreur.
Et c’est normal. Parce que dans les premières heures, la manière dont l’organisation réagit influence souvent toute la suite du dossier.
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de tout régler immédiatement. Mais il est essentiel de poser les bons gestes dès le départ.
Les premières erreurs à éviter dans les 48 premières heures
Dans ce type de situation, certaines réactions bien intentionnées peuvent compliquer les choses :
- vouloir comprendre toute l’histoire immédiatement
- rencontrer les deux personnes en même temps
- défendre instinctivement le gestionnaire (ou l’employé)
- promettre une solution rapide
- minimiser la situation pour calmer le jeu
Ces réflexes sont humains. Mais dans une plainte formelle, la priorité n’est pas d’avoir raison rapidement. C’est de protéger la crédibilité du processus.
Quand on connaît bien les deux personnes
C’est souvent la réalité dans une PME ou une organisation de taille moyenne. Le dirigeant connaît les deux parties. Il a travaillé avec elles. Il a parfois confiance en elles.
Et c’est précisément pour cette raison que la neutralité devient plus difficile à maintenir.
Être neutre ne veut pas dire être distant. Cela veut dire :
- éviter de tirer des conclusions trop tôt
- écouter sans interpréter
- documenter les faits
- préserver la confidentialité
- assurer un cadre clair pour la suite
Dans plusieurs situations, la meilleure décision n’est pas d’intervenir seul. C’est de protéger l’organisation en protégeant la démarche.
Gérer soi-même… ou faire appel à un tiers ?
Certaines situations peuvent être traitées à l’interne. Mais lorsqu’une plainte vise un gestionnaire, plusieurs enjeux apparaissent rapidement :
- la perception d’impartialité
- la relation hiérarchique existante
- la sensibilité du climat d’équipe
- les risques organisationnels et juridiques
- la confiance envers le processus
Faire appel à un tiers ne signifie pas perdre le contrôle de la situation. Cela permet plutôt de :
- sécuriser la démarche
- préserver la crédibilité du processus
- soutenir les personnes impliquées
- protéger l’organisation à moyen et long terme
Souvent, c’est un geste de gestion responsable.
Par où commencer concrètement
Dans les premières heures, quelques repères simples peuvent faire une grande différence :
- accuser réception de la plainte
- éviter toute conclusion rapide
- sécuriser le climat de travail immédiat si nécessaire
- clarifier la prochaine étape du processus
- aller chercher un appui neutre lorsque la situation le justifie
Ce sont des gestes simples. Mais ils donnent un signal important : la situation est prise au sérieux, et elle sera traitée correctement.
Une réalité importante à garder en tête
Une plainte formelle n’est pas seulement un événement relationnel. C’est un moment organisationnel sensible.
Bien accompagnée, elle peut permettre de rétablir un climat de travail sain et de renforcer la confiance envers les pratiques de gestion. Mal accompagnée, elle peut fragiliser durablement l’équipe.
La différence se joue souvent dans les premiers gestes.
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